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Groupe de travail Revenu & Travail

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Discussion

Annie Vital, 2008/11/28 18:33

Le groupe de travail sur le « Travail et le revenu d'existence » a commencé à réfléchir : proposition de synthèse

Des propositions à discuter par exemple en Avignon en janvier: Le revenu universel d'existence comme projet à moyen-long terme couplé à un revenu maximum admissible. La garantie de revenu pour tous proposé par E Perrin et Pag 69 comme étape à court terme qui reste cependant dans la logique du système actuel. La taxation à 100 % des revenus à partir d'un certain seuil et redistribution des surplus. Déconnexion des droits fondamentaux (logement, santé,éducation, eau, énergie…)d'une activité rémunérée. Notamment par des services publics forts et l'extension de la gratuité. Gratuité d'accès à un certain nombre de services jusqu'à un certain seuil et surfacturation du mésusage (décision collective de où cela commence). Taxe sur les transactions financières. Cependant cela pose une question : si cette taxe est efficace, c'est à dire si elle stoppe la spéculation elle générera de moins en moins d'argent disponible. Le SLAM (sharehoders limited authorised margin) de Frédéric Lordon c'est à dire le plafonnement du maximum de bénéfice accumulable par les actionnaires. Ces 2 dernières mesures renvoient comme le revenu maximum et la taxation du mésusage au concept de « common decency » de Georges Orwell : il y a des choses qui ne se font pas.

Mais un droit à un revenu d'existence ne suffit pas pour autant à définir un projet politique puisque certains « libéraux » le revendiquent comme favorisant les petits boulots sous-payés et permettant la baisse des salaires. (cf Brunoekolo qui propose un demi smic pour les jeunes qui accompliraient une sorte de « service écologique »). Il faut replacer la déconnexion du revenu et du travail (Cf Corinne Morel-Darleux) dans le système dont elle fait partie. La question du revenu n'en est qu'un des aspects car l'essentiel est bien d'assurer une production alternative non pas de vivre aux frais du capitalisme ni seulement soulager la misère (Jean Zin Multitudes n 27). L'horizon n'est pas celui d'une société de loisirs mais celui d'une société où le revenu garanti serait cumulable avec un revenu d'activité, servant d'incitation au travail autonome(J Zin). C'est pour assurer la production et une production plus écologique que nous avons besoin d'un revenu garanti. C'est pourquoi il faut élargir la question à l'organisation de la production et sa relocalisation active. Les 2 points de plus grande résistance sont idéologique et de mise en place. Nous serons obligé de changer toutes nos façons de penser. Un revenu garanti permettrait de sortir du salariat productiviste et de l'absurde dépendance entre travail et consommation. Sortir du productivisme ne veut pas dire ne rien produire mais construire un système complet basé sur une autre logique productive, d'autres moyens de production, d'autres produits, d'autres circuits. Le revenu garanti associé à des coopératives communales de production et des monnaies d'échange locales (A Gorz) ouvriraient la porte à un autre système.

Le travail est un paradoxe et c'est ce qui lui confère une place essentielle dans nos sociétés. Il manifeste à travers le rapport salarial l'exploitation du travailleur dans sa dépendance au capital, en même temps, grâce aux droits sociaux qui lui sont liés, il affirme l'appartenance de ce même travailleur à la Communauté politique. Il mêle inextricablement exploitation et intégration sociale. Le travail génère un processus de reconnaissance par les autres, la rétribution n'est pas seulement monétaire mais aussi symbolique. Les psychologues du travail lui assignent une place irremplaçable (?!), car il est vital pour l'équilibre personnel témoignant d'une reconnaissance par autrui qui passe par un rapport avec l'action et le réel. (Jean-Louis Laville « le travail une nouvelle question politique »). Discutons-en .

Voilà me semble-t-il tout ce que nous aurons à discuter le 10-11 janvier en Avignon. Annie Vital pour le groupe « travail et revenu d'existence ».

bonnet, 2008/12/19 19:34

Ma réaction à la "Proposition de synthèse" d'Annie et aux remarques de PAG69 :

La formulation des phrases 2,3,4,5 et 6 du 2è paragrapheest peut-être à revoir, car,telle quelle,elle a pour effet d'estomper la revendication,qui mérite d'être traitée comme un objectif en soi,du revenu d'existence(RE)… soit en "noyant" l'idée de déconnexion dans un discours systémique plus général(phrase 2) soit en minorant l'importance de cette "question du revenu" (phrase 3),qui se retrouve subordonnée (dans les phrases 5 et 6 )à l'objectif noble de la production (écologique),dont elle semble devenir un simple facteur d'ajustement.Pour tenter de garder la pensée constructive de ce paragraphe et d'y intégrer en même temps ce que je crois avoir compris des remarques critiques(plus griffues que nécessaire?) de PAG69,j'en propose une REECRITURE ci-dessous:

"Le revenu d'existence(RE),tel que nous l'entendons,est suffisamment consistant(> 900/mois)et "autonomisant" pour qu'il ne puisse être confondu avec la minimaliste allocation universelle de survie que préconisent certains "libéraux".Par son caractère de dû inconditionnel qui sera arraché par des luttes,il rompt avec l'idéologie du mérite ("travailler plus"!) et de l'assistance sous conditions.Cette rupture avec la logique du système actuel représente une avancée marquante de la citoyenneté sur l'économisme régnant.

Cette avancée sera un pilier de notre projet politique,non son oméga. Au-delà du "soulagement de la misère" et de l'affirmation de la dignité de chacun ainsi garantis,nous aurons à repenser globalement tout le cycle de la production pour l'assurer sur des bases écologiques,visant l'intérêt général plutôt que le profit,et pour sortir d'un productivisme qui lie absurdement travail et consommation."

Un mot sur le 3è et dernier paragraphe: un peu surprenant…en ce que,sans prévenir,il change de point-de-vue:la rédaction sort du champ alternatif pour reprendre à son compte,m'a-t-il semblé, sans recul critique( mis à part 2 signes ?!),la thèse de l'idéologie dominante,véhiculée tant par les psy. et sociologues que par les instances (te fâche pas,Annie!)productivistes (patronat,Sarko, syndicats ouvriers),à savoir:le travail salarié ,pour aliénant qu'il soit,est LE processus obligé (sous-entendu:unique) de la reconnaissance sociale.Alors…d'accord avec le mot de conclusion : "Discutons-en"!

Jacques Bonnet ,membre (malhabile au clavier) de ce groupe de travail.

Annie Vital, 2008/12/21 17:36

Le 3° paragraphe pose une question que l'on ne peut pas éludée. Même à Miremont quand nous avons abordé le revenu d'existence un certain nombre de personnes ont affirmé cette nécessité du Travail comme créateur de lien social. Cette question et celle de son mode de financement sont les 2 objections auxquelles nous devons apporter des réponses y compris au sein de l'écologie radicale. La tentative de synthèse que j'ai proposé ne prétendais nullement être une réflexion complète mais poser des questions, le plus de questions possibles afin d'avancer dans nos propositions sans dogmatisme.Effectivement le travail salarié n'est pas LE processus unique de reconnaissance sociale mais c'est cependant ainsi qu'il est vécu par de nombreuses personnes, alors oui discutons-en mais sans oublier qu'il ne s'agit pas de remplacer un dogmatisme par un autre.

bonnet, 2008/12/27 11:43

Sur les 2 questions que tu souhaites privilégier,Annie: 1/ On est bien d'accord:le "travail" est créateur paradoxal de lien social (à forte dominante hiérarchique!).Mais nous savons tous,d'expérience,qu'il n'en a pas l'exclusivité:nul ne pense à considérer comme "A-sociaux" les millions de nos concitoyens qui ne se sentent pas spécialement interpellés par les vibrants "Travailleurs,travailleuses…" d'Arlette et consorts (jeunes pas encore enrôlés sur le marché de l'emploi,chômeurs de longue durée, retraîtés,femmes ou hommes "au foyer" par choix et alii…).Par ailleurs,si c'est bien,comme tu dis "grâce aux droits sociaux qui lui sont liés que (le travail) affirme l'appartenance du travailleur à la Communauté politique" (relativisons:c'était l'inverse dans la cité athénienne!)…voilà une excellente raison de lutter pour étendre ces droits sociaux à tous les citoyens ,indépendamment de leur e employabilité du moment,et donc de soutenir,comme une 1è étape dans ce sens,la proposition d'E.Perrin et diverses orga.,qui vise l'élargissement du périmètre de ces droits sociaux.

A condition,bien sûr,que cette option d"esprit pragmatique(faire avancer le schmilblic) ne nous empêche pas de rappeler,EN MEME TEMPS,ce vers quoi nous voulons aller:le revenu inconditionnel POUR TOUS!

2/Sur la question du FINANCEMENT:voir ma réponse à "Brunoekolo" dans l' "espace de travail".Je ne pense pas que nous ayons à nous transformer en groupe d'experts avant d'avancer dans la proposition politique.Qui a dit:" Ils l'ont fait…parce qu'ils ignoraient que c'était impossible!" ?C'est MAINTENANT,dans la trouée de la "crise"( "an 01" tombé du ciel des banques !) qu'il faut s'engouffrer:le roi est nu,ne lui laissons pas le temps de se rhabiller!

Sinon,tu as bien fait,selon moi,de lister brièvement une série de points annexes à discuter…selon les priorités que se donnera le groupe. Une suggestion oecuménique : évitons de nous étiqueter "dogmatiques"….chaque fois que nous exprimerons,les uns ou les autres, des divergences! Ca peut faire partie de l'ambition de " changer les échanges " élue par les romanais…

fonctionnement/gt/revenu_travail.txt · Dernière modification: 2008/10/21 19:14 par ekolo.lx
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