Extraits de textes (présentés dans un ordre aléatoire) d'où l'on pourrait extraire des besoins pour la construction d'une organisation ouverte.
de « Changeons ce monde » :
Nous voulons contribuer à la constitution d’une force politique de caractère nouveau ; chacune et chacun devrait pouvoir y agir en restant ce qu’il/elle est. Plus exactement, nous avons le sentiment que l’existence d’une telle force est la condition pour que ce que nous sommes les uns et les autres puisse exister et se développer en jouant un rôle politique.
Une telle formation, un tel rassemblement, mouvement ou espace politique (selon les termes des uns ou des autres) doit être d’un type totalement inédit. La volonté de mettre à la portée de toutes et tous les citoyens l’accès à l’élaboration de solutions et l’accès aux pouvoirs d’intervention et de décision devrait être au coeur d’une telle démarche. Cette option passera aussi bien par sa composition par que son fonctionnement. Cela suppose un processus dans le temps qui permettra que personne ne craigne « d’arriver trop tard » pour participer à sa définition.
De nouvelles formes d’organisation sont nécessaires pour constituer et consolider un mouvement ouvert et multiforme, réactif, démultiplié, ainsi que de nouvelles formes de militance.
de « Quelle voie pour l'écologie politique ? », une contribution aux journées d'été 2008 des Verts :
Sommes-nous alors condamnés à la solitude ? Bien sûr que non. Mais pour cela, il faut nous ouvrir sur la société, dans les actes et pas seulement dans les motions de congrès. L'aggravation profonde de la situation des classes populaires, sous le double effet d'une exploitation accrue dans le travail et de la crise écologique, qu'elles subissent de plein fouet ; en même temps, la multitude de mouvements et d'actions, bien qu'encore isolés, nous mettent au pied du mur : nous devons nous adresser à elles en partant de leurs problèmes, de leur propre expérience. L'écologie politique ne poussera des racines profondes dans la société que le jour où nous aurons compris que nous devons nous tourner résolument et prioritairement vers ces classes, qui constituent la majorité de la population et qui, aujourd'hui, n'ont plus de perspectives politiques.
Nous devons dans le même temps renouer avec le travail théorique sur les grandes questions des transformations du capitalisme et des stratégies du changement social, participer aux débats avec la sensibilité « antiproductiviste et antilibérale », qui partage une bonne part de nos questionnements, et avec laquelle nous pouvons travailler à construire un pôle de transformation écologiste et sociale.
de « Comment faire de la politique en surmontant la crise du politique ? » :
Les formes de fonctionnement des partis sont largement perçues comme dépassées, car s’opposant de manière archaïque aux nouveaux modes d’expression subjective et interpersonnelle, en réseau, des individus et collectifs de la post-modernité : embrigadement, hiérarchie, bureaucratie, délégation sans contrôle, centralisation du pouvoir et personnalisation, lutte de clans et de chefs pour le pouvoir…versus auto-organisation, absence de hiérarchie, coopération décentralisée et respect des minorités et opposants, confiance interpersonnelle, rotation et non cumul des mandats, pluri-appartenance…
de « Deux questionnements, l'unité et le projet » :
La faiblesse peut être un atout si elle sert à la remise en cause. Gardons-nous des bilans hâtifs pour se débarrasser du fardeau ou pour construire des rapports de force entre «personnalités». Gardons-nous de nous réfugier dans la continuité pour avoir l'impression de tenir une stratégie. Gardons-nous de l'affirmation de nos certitudes, dernier rempart identitaire de ceux qui n'ont pas de projet. J'ai volontairement utilisé le «nous» dont on pourra de demander ce qu'il recouvre. Je n’en sais rien. Je ne saurai qui est «nous» que si nous sommes capables de construire un projet compréhensible par celles et ceux qui en ont un besoin incontournable et que nous n'avons pas atteints. Là est la priorité, la seule à mon sens.
de « Pour un manifeste alterécologiste » :
Comment à partir de ces postulats, proposer des solutions appropriables par le plus grand nombre car il est trop tard pour se contenter de prescripteurs aussi révolutionnaristes décroissantistes soient-ils ! Il ne suffit pas d'affirmer qu'un autre monde est possible. Une autre manière d'être au monde est déjà là qu'il faut valoriser et mettre en réseau toutes les initiatives à l'instar de ce qui s'est fait au XIXième siècle : lutte contre l'inacceptable du système dominant et expérimentation indépendante simultanée.
Il est temps de construire au niveau européen, c'est difficile mais indispensable. Que le premier réseau qui stabilise des relations en fasse profiter les autres.
Surtout qu'aucun des réseaux n'essaie de s'imposer aux autres.
Surtout que la recherche d'une unité ne vienne pas encombrer nos débats. Nos différences sont nos richesses. Des partis existent. Nous savons qu'en construire serait se mettre dans le même piège que ceux qui existent déjà. Il nous faut agir avec ce que nous avons. La structuration locale (et c'est le bien le plus précieux, le réalisé politique le plus important de la dernière période), les réseaux a-hiérarchiques et foisonnants.
Comment créer une synergie positive entre ces différents réseaux dans leur diversité ?
de « Éléments de réponse à l'"APPEL POUR ORGANISER L'ALTERNATIVE A GAUCHE" » :
Nous sommes nombreux à rêver, à oeuvrer, à nous mobiliser pour :
* qu'un Appel prenne en compte les réalités sociales, économiques et écologiques tout en intégrant l'indice de développement humain et l'empreinte écologique,
* que se refonde une pensée écologiste, qui n'envisage pas, de quelque manière que ce soit, la gestion d'un système économique, quelqu'il soit, qui ruine l'espérance des vies sur cette planète,
* qu'écologistes, altermondi(ali)stes, alternatifs, objecteurs de croissance se rassemblent pour porter un projet de rupture avec ce capitalisme dévastateur, et proposent des alternatives émancipatrices aux dominations, qui préservent l'avenir des générations futures, en harmonie avec les autres êtres vivants,
* que ce projet écologiste autonome soit enfin proposé comme une Utopie réalisable ,avant que ne s'amplifient les catastrophes, la pénurie et la récession.
Nous sommes nombreux à rêver, que parallèlement et sans occulter ni renoncer à nos propositions, un large front de résistance (pôle de radicalité), se mette en place, sur des propositions concrètes d'action et de luttes, y compris dans le domaine institutionnel, par l'appel à une Constituante.
de « En avant pour construire du commun ! » :
C’est parce que le processus sera long qu’il nous faut maintenant poser les premières pierres de notre regroupement. Il faut créer une forme ouverte pour que d’autres s’agrègent à leur rythme.
Comment se constituer ? Nous ne partons pas de rien, l’expérience de la structuration de l’organisation des collectifs antilibéraux, les textes qui ont été adoptés, les débats, les dernières contributions sur les formes d’organisations nouvelles que nous souhaitons, permet de dessiner un contour qui doit prendre réalité. L’idée d’un Manifeste comme première pierre me paraît pertinente, l’élaboration en commun des priorités et du projet est un challenge à notre hauteur.
de « Faire de la politique sur internet » :
Que peut-on voir depuis l'intérieur des groupes politiques ? Pour ceux qui essaient de travailler de façon non-hiérarchique, la difficulté est grande de faire la part des choses entre décisions techniques, organisationnelles et support du projet de l'organisation lui-même. Nous avons cependant un besoin urgent de cet outil internet : nous ne pouvons pas nous déplacer sans arrêt pour discuter in-real-life, nous devons contacter des gens qui sont loin et garder le lien… Nous devons élaborer et rendre les résultats publics, dans plusieurs langues… Nous avons besoin d'un support pour les processus de discussion, de détermination d'options, de votes préférentiels… Nous avons besoin d'un outil efficace pour améliorer nos pratiques démocratiques quand il s'agit de délibérer « en grand », avec un certain nombre de caractéristiques propres à lui conserver un pouvoir de cohésion et une égalité d'accès.
de « Faire de la politique au niveau mondial » :
Il y a des langues différentes, des traducteurs seront nécessaires.
La traduction prend du temps, les contributions seront nécessairement courtes d'une page maximum pour faciliter leur mise en commun et leur traduction.
L'élaborations d'une charte afin de déterminer les valeurs fondamentales et les méthodes de travail semble indispensable, (une page pour les valeurs fondamentales, une page pour les méthodes de travail).
Les outils utilisés devront être simple d'accès pour faciliter la communication comme par exemple un site Internet de co-élaboration et des relais locaux pour toucher ceux qui n'ont pas ou ne veulent pas Internet, un site Internet qui donne des nouvelles de tous les évènements qui se passe à travers le monde et qui partagent cette approche.
L'identification de cette organisation par un nom unique au niveau mondial permettrait de faciliter son appropriation et sa diffusion.
de « Réflexions sur l'altermondialisme » :
Haut de pageIl faut inventer le politique au niveau mondial. Je ne sais pas comment on fait. Les forums sociaux mondiaux sont des pierres posées sur ce chemin mais n’ont pas la légitimité suffisante pour empêcher chacun d’entre nous de « faire où on nous dit de faire ». pourtant nous n’avons pas loin à aller chercher pour trouver l’utopie qui pourrait nous animer. Elle est là, à nos pieds : constituer l’humanité comme un monde démocratique. Mais soit cela paraît trop difficile (surtout quand on ne sait pas faire l’Europe), soit cela ne paraît pas assez radical, soit cela paraît trop vieillot car cela fait trente siècles que le processus a commencé. Je ne sais pas. En tout cas, cela n’intéresse que des « techniciens », ceux des droits humains, ceux de l’environnement, ceux du droit, qui ont déjà bien avancés.