Voici un envoi de Thierry Brulavoine. Ce texte a été élaboré collectivement par une vingtaine d'objectrices et objecteurs de croissance, à l'occasion d'un atelier pendant les Rencontres des objecteurs de croissance à Rochejean du 12 au 15 juillet 2008. Annick et Philippe Cathelin précisent que cette phrase a été piochée parmi 17 autres, non reproduites ici.
"Il n'est pas possible de croître toujours plus dans un monde avec des limites et c'est une illusion de croire que le progrès technique apportera des solutions aux crises actuelles, il est donc nécessaire de sortir de notre système productiviste en redéfinissant nos besoins essentiels pour construire et vivre dès maintenant un monde qui respecte les équilibres écologiques et les choix culturels des peuples et qui permette l'épanouissement individuel et collectif, un monde qui soit transmissible aux générations futures."
Et la très courte :
"Pour sortir du gaspillage et de la misère, vivre simplement pour que tous puissent simplement et chaleureusement vivre."
Discussion
Qui ne serait pas d'accord avec les buts qui sont ainsi proposés ? En effet, en mettant de côté la définition des “équilibres écologiques”, qui voudrait volontairement scier la branche sur laquelle l'humanité est assise (sauf à se faciliter la réflexion en supposant que tous ceux qui ne pensent pas comme nous sont des sots) ? Si l'on accepte de ne pas trop discuter une définition de la liberté en termes de choix, ni d'essayer de se demander ce que peut vraiment dire la possibilité pour un peuple de faire des “choix culturels” (car si la culture est en bonne part un “héritage”, où sont les choix ?), qui pourrait être contre le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ? Qui oserait s'opposer à l'épanouissement, d'autant que semble ici conciliable l'individuel et le collectif ? Enfin, qui n'aime pas ses enfants ?
Tels sont les buts ; quels sont les moyens proposés ?
C'est là qu'il y a matière à discussion et occasion de provoquer des interrogations :
Que l'on ne s'y trompe pas, toutes ces interrogations provoquées par cette courte phrase provocatrice sont en réalité le meilleur plaidoyer en faveur d'une société de décroissance : car elle ne sera qu'en étant une société de discussions.
Merci donc pour ces deux courtes phrases si “discutables”.