Message envoyé par Pierre Zarka le 29 août, transmis et lu par Pierre Cours-Salies en AG à Miremont.
Chers camarades,
Un concours de circonstances conduit à ce que les « communistes unitaires » pressentis pour participer à vos journées y soient pour des raisons variées empêchés. Les excuses que nous vous présentons sont d’autant moins formelles ou mondaines que se joue à travers ces rencontres une part de la question de la formation antilibérale, sociale, démocratique, écologique qui fait aujourd’hui défaut face à la déferlante libérale et à l’impuissance définitive des formes traditionnelles de la politique instituée.
Celle-ci étant fondée sur la dissociation société dite civile et politique institutionnelle, c'est-à-dire sur des rapports de dépossession, prétendant réduire les mouvements à un rôle de quémandeurs, sans pouvoirs de production de politique. L’échec de la candidature unitaire antilibérale en 2006 nous fait la démonstration que l’attente d’un autodépassement par les partis institués est vaine, comme serait tout aussi vaine l’espoir de pouvoir se limiter à un rôle de pression sans investir ce champ.
Cela fait maintenant plusieurs mois que de multiples horizons s’expriment des manifestations de la volonté de passer à l’acte et d’aller vers la construction d’une force sociale, écologique, démocratique, autogestionnaire. Vous comprendrez qu’au sein de celle-ci nous souhaitons y faire vivre dans le dialogue une sensibilité communiste. Il nous semble que nous arrivons au moment où à continuer d’exprimer des souhaits et d’attendre encore devient inopérant. Le moment est venu d’engager ensemble dès maintenant un processus fondateur. Processus, car on ne crée pas comme cela, ex-nihilo, une formation qui a la prétention de favoriser le passage de mouvements multiples tant dans leurs ancrage que dans leurs démarches et cultures. Processus, car il est plus facile de déconstruire les formes héritées des conceptions dominantes des partis que d’en élaborer de nouvelles. Mais processus aussi dans la mesure où très vite, au fur et à mesure que nous avançons, il n’est pas nécessaire d’attendre que la maison soit finie pour qu’elle participe à modifier le paysage politique. Il nous faut apprendre à résister à réduire la multiplicité de nos engagements et de nos cultures à quelque chose d’uniforme et d’univoque et considérer que c’est plutôt dans notre « polyphonie » que résident les possibilités de correspondre au grand manque actuel de la vie politique.
N’ayant aucun souci de paternité mal placée, nous espérons vivement que vos travaux constitueront un pas vers l’accélération d’un tel processus. Il sera bien sûr nécessaire d’articuler cette démarche avec l’Appel de Politis. Nous avons besoin d’être tous ensemble, avec d’autres forces qui y son prêtes, pour démarrer. Commençons tout de suite en demeurant bien évidemment ouverts à qui voudra y contribuer.
Jean Brafman. Pierre Laporte. Pierre Zarka.
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