En réponse à la crise mondiale, sociale, écologique et humaine, nous avons besoin d'offrir, d'étudier et de nous emparer d'un projet politique en rupture radicale, avec le modèle économique et politique dominant.
Ce ne sont pas de perpétuels appels à l'unité, nourris par un panel de revendications quantitatives et illusoires, qui nous permettront de sortir de l'impuissance et de remplir le vide de l'espérance émancipatrice. Personne ne songe à s'opposer à l'appel, initié par Politis !
Permettra-il, cependant, d'offrir à ceux qui souffrent, les outils nécessaires à la
résistance, à l'enthousiasme du projet et à la reprise en main de leurs destins ?
Le système capitaliste dominant et mondialisé, profondément inégalitaire, fondé sur le concept de "développement" introduit par le président américain Truman en 1949, se révèle destructeur de nos milieux naturels et des liens humains qui fondent le vivre ensemble solidaire. Les réponses apportées par la social-démocratie, gestionnaire docile de l'ultra-libéralisme nous conduisent aux mêmes impasses.
Seule une réflexion critique et radicale du modèle productiviste permettra de remettre en cause les notions de croissance et de ses corollaires : développement, pauvreté, perte des biens fondamentaux, concurrence entre les peuples et les individus.
La croissance n'est pas la solution, mais le problème.
L'appel de Politis conjugue les trois urgences sociale, écologique et démocratique. Difficile de faire moins lorsque le dérèglement climatique et la crise énergétique s'accélèrent, lorsque les risques de destruction des écosystèmes menacent directement nos conditions mêmes d'existence.
Dans ce contexte, exacerbé par la crise financière actuelle, qu'apporte l'appel de Politis, lorsqu'il invite la "gauche enfin à gauche" à ne plus oublier "la nécessité de redistribuer les richesses" ?
Nous faisons partie des premières générations à vivre une civilisation sans repère spirituel, sans lien ni repère sacré qui nous unissent à la Terre, sans lien de solidarité entre les peuples et les individus.
Nous faisons partie des premières générations occidentales à concevoir, reconnaître, entrevoir que les conséquences, inhérentes à la perte de ces liens, ne sont pas le seul fait de tragédies nationales isolées, mais bien les prémices de catastrophes planétaires majeures.
Nous sommes les premières générations nourries à l'idéologie du PIB, à commencer à admettre que nos destins sont liés, non seulement au destin de l'ensemble de l'humanité, mais également à notre environnement.
La réponse de la gauche enfin à gauche serait-elle seulement celle de redistribuer, de façon plus égalitaire, les profits financiers qui sont l'essence même du capitalisme, de l'aliénation des peuples et de la destruction de leurs modes de vie et des écosystèmes.
La gauche enfin à gauche ne remettrait-elle pas en cause, ni le salariat, ni la redistribution des profits monétaires, ni le productivisme qu'elle se targuerait de convertir en un développement prétendument durable.
On imagine que l'aspiration à d'autres mondes possibles serait celle de dépasser l'objectif aliénant que représente la recherche effrénée et vaine, de l'augmentation du pouvoir d'achat.
On imagine que l'aspiration des salariés serait de se débarrasser de l'aliénation du salariat, de la consommation,et de la monnaie spéculative, pour retrouver la maîtrise de leurs usages.
On imagine que l'aspiration des populations serait l'autogestion généralisée de leur vie et la mise à l'étude de sociétés dont les profits monétaires et le productivisme seraient exclus.
La référence à Die Linke, la notion de codéveloppement montrent que cet appel se situe dans une vision productiviste et techniciste du monde, bien éloignée de celles des écologistes, des altermondialistes et des objecteurs de croissance. Les contradictions et l'absence de projet qui existent entre les signataires, empêchent l'intégration des objectifs écologistes comme ceux anti-capitalistes du NPA. Empêchant ainsi la création d'un large front de résistance.
Nous sommes nombreux à œuvrer et à nous mobiliser pour :
Ceci est le sens de l'entente de l'écologie radicale, mise en place à Miremont et qui a réuni sept sensibilités. Les prochaines rencontres se tiendront à Avignon, début janvier 2009.
Par ailleurs, nous pensons que, parallèlement et sans occulter ni renoncer à nos propositions, un large front de résistance (pôle de radicalité), doit se mettre en place sur des propositions concrètes d'action ("Urgence climatique, Justice sociale", crise financière, revenu universel) et de luttes, y compris dans le domaine institutionnel.
Nous devons rompre avec le bipartisme et le système majoritaire qui empêche toute émergence d'initiatives en rupture avec l'idéologie dominante.
Si nous privilégions la nécessité de la création d'une entente de l'écologie radicale, nous pensons qu'il est souhaitable qu'un tel pôle de radicalité se mette en place avec d'autres composantes issues de la gauche alternative et anticapitaliste.
C'est tout le sens de la présence du mouvement politique des Objecteurs de Croissance à cette réunion.
— Christine Piguel membre du collège politique des Objecteurs de Croissance.
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