Montredon le 29 août 2008
Salut fraternel à toutes et tous,
Comme je l’ai dit à quelques uns, je serais absent à la rencontre de Miremont, non par refus du débat mais plus prosaïquement pour raison de repos avec ma compagne après un été sans trêve. Je comprends que la déception soit grande mais je suis persuadé que cela sera compris.
Pour en venir au débat sur la situation actuelle, je pense que nous sommes dans un moment où le celui-ci peut avancer pour peser sur l’avenir aussi bien au niveau national qu’européen.
Après les différentes phases politiques que nous avons connues, 2005 et Présidentielles 2007, force est de constater que des divergences profondes sont apparues dans ce qu’on a appelé le camp anti-libéral. A la fois du fait des organisations qui voulaient contrôler le mouvement mais aussi des contradictions et ambiguïtés relatives à un positionnement de refus (Non au TCE allant de souverainistes de gauche, de productivistes nucléocrates, à des écologistes radicaux en passant par toutes les nuances). Chacun d’entre nous a vécu cette histoire. Ce qui en ressort pour moi, c’est que même si ce mouvement a été riche et a permis le rejet du TCE, il ne peut permettre la création d’une dynamique de contre-projet de société.
Ne se situer de manière centrale que face au capitalisme c’est nier toute la nécessaire remise en cause des modes de production, de l’étatisme de droite et de gauche, de l’impossibilité de répondre aux enjeux de la planète sans mettre en cause le développement et les idéologies de la croissance qui sont inhérentes aux modèles communistes et capitalistes.
C’est ce constat, ainsi que l’urgence de répondre à la crise écologique majeure qui m’ont fait répondre positivement à l’idée de réfléchir à un regroupement large des écologistes pour les européennes de 2009.
Je ne suis pas naïf, et je sais que de nombreux désaccords nous ont opposé ces dernières années mais je pense que la possibilité de réunir les verts, les mouvements associatifs et ce que j’appelle les mouvements sociaux de l’écologie sur un projet commun qui affirme notamment que l’Ecologie est incompatible avec le libéralisme et qu’il faille refonder l’Europe par un processus démocratique est possible. Je reste prudent, mais je pense que cela peut créer une dynamique et représenter un espoir.
Je ne peux en dire plus en quelques lignes, mais ce que je souhaite c’est que le débat qui s’ouvre sur cette perspective soit entre nous un moment d’échange et se fasse dans le respect de chacune et de chacun.
José Bové.